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Rapports publiés

Rapports publiés

De 2013 jusqu’au printemps 2017, six évaluations ont été conduites en collaboration avec l’UETMIS du CHU de Québec :

Prévention de la néphropathie induite par les agents de contraste iodés lors d’une intervention radiologique (2013)

Le rapport d’évaluation concernant la prévention de l’insuffisance rénale chez les patients à risque de développer cette condition suite à un examen radiologique requérant l’injection d’un produit de contraste recommande d’abandonner 2 pratiques courantes à l’hôpital: (1) l’administration de N-acétylcystéine (Mucomyst) seule ou de façon concomitante à une hydratation, et (2) l’hydratation à l’aide du bicarbonate de sodium. Aussi, il est recommandé de favoriser une procédure d’hydratation avec le chlorure de sodium par voie intraveineuse.  Ces recommandations ont déjà eu des impacts importants au sein de tous les services cliniques de l’hôpital suite à la mise en place d’une ordonnance collective aujourd’hui appliquée de façon systématique chez les patients identifiés comme étant à risque de développer une néphropathie aux produits de contraste.  Un rapport de veille scientifique publié en juillet 2016 fait état des plus récentes données scientifiques à ce sujet.  Les conclusions du rapport publié en 2013 sont maintenues.

Rapport d'évaluation ETMIS, novembre 2013 
Résumé du rapport d'évaluation ETMIS, décembre 2013
Rapport de veille scientifique ETMIS, juillet 2016 

Évaluation des mesures liées à la prévention des chutes multiples chez la personne âgée hospitalisée (2014)

Parmi l’ensemble des incidents liés à la sécurité des patients en milieu hospitalier, les chutes sont les plus fréuents. Les patients hospitalisés sont exposés à un risque accru de chute comparativement aux personnes non hospitalisées. Ce phénomène peut s’expliquer, en partie, par l’acquisition récente de nouveaux facteurs de risque (p. ex. : mobilité réduite, nouveau traitement pharmacologique) combinée à la présence d’un environnement peu familier. Dans le but de bonifier les pratiques permettant de réduire l’incidence des chutes multiples à l’IUCPQ-UL, un projet ETMIS a été entrepris afin de réviser les données probantes portant sur les mesures liées à la prévention des chutes multiples chez la personne âgée en milieu hospitalier.  Bien qu’il n’y ait pas de recette unique, le rapport permet à l’établissement de comparer ses pratiques à celles préconisées par des groupes d’experts afin d’éclairer la prise de décision. Une prise en charge globale et individualisée semble être une pratique à adopter afin d’éviter les chutes subséquentes et les blessures associées. À ce propos, la communication et la mobilisation des membres du personnel concernés, mais également, des membres de la famille du patient semblent constituer l’une des approches à privilégier. La création d’une communauté de pratique avec d’autres établissements pourrait être envisagée dans le but de partager les expériences et ainsi identifier les meilleures mesures liées à la prévention des chutes.

Évaluation des mesures liées à la prévention des chutes multiples chez la personne âgée hospitalisée - Note informative ETMIS, novembre 2014

Pertinence d’ajuster le seuil de positivité du test de D-dimères en fonction de l’âge chez les patients à faible risque d’évènements thromboemboliques veineux (2016)

Les données probantes issues d’une étude de synthèse supportent l’utilisation d’un seuil ajusté pour l’âge pour le dosage des D-dimères lors de la détermination du risque d’évènements thromboemboliques veineux chez les patients ayant plus de 50 ans. Cependant, aucune des études primaires incluses n’avait pour objet d’évaluer la performance diagnostique du dosage des D-dimères en ajustant a priori le seuil de positivité pour l’âge. Une seule étude prospective a été publiée à ce jour. Les résultats montrent que l’ajustement du seuil de positivité des D-dimères pourrait potentiellement bénéficier à un faible échantillon de la population visée. De plus, les nombreuses lacunes méthodologiques de même que l’hétérogénéité clinique présente limitent la portée des résultats et questionnent la faisabilité d’appliquer cette procédure dans la pratique clinique courante.

L’analyse de l’ensemble des données disponibles révèle que le test de D-dimères est une des composantes d’un algorithme clinique décisionnel utilisé lors de l’évaluation du risque d’évènements thromboemboliques veineux à l’urgence. De plus, les résultats indiquent que l’ajustement du seuil de positivité des D-dimères en fonction de l’âge des patients constitue à ce jour une pratique dont la pertinence clinique n’a pas été démontrée. L’appréciation de l’ensemble des données probantes conduit le Comité d’ETMIS de l’IUCPQ-UL à recommander de ne pas introduire pour le moment une pratique d’ajuster à l’urgence le seuil de positivité des D-dimères en fonction de l’âge des patients.

Pertinence d’ajuster le seuil de positivité du test de D-dimères en fonction de l’âge chez les patients à faible risque d’évènements thromboemboliques veineux, ETMIS, février 2016 

Rapport de veille scientifique ETMIS, juillet 2016 

Stratégies de conservation sanguine en chirurgie cardiaque: le thromboélastogramme et le thromboélastomètre rotatoire pour la surveillance de l’hémostase en chirurgie cardiaque (2016)

Les thromboélastogrammes sont des appareils de mesure de la viscosité du sang utilisés pour la surveillance de l’hémostase.  Bien qu’ils soient disponibles à l’IUCPQ-UL pour guider le recours aux produits sanguins, leur utilisation en chirurgie cardiaque n’est pas standardisée. Les études révisées suggèrent que, comparativement aux analyses conventionnelles en laboratoire, l’utilisation dans le cadre d’un algorithme transfusionnel de la thromboélastographie pour la surveillance de l’hémostase en chirurgie cardiaque est associée à une réduction du risque de transfusion de culots globulaires, de concentrés plaquettaires et de plasma frais congelé. De plus, à l’exception du fibrinogène, cette stratégie est associée à une réduction du volume de produits sanguins administrés.  Par ailleurs, la contribution des appareils ne peut être distinguée de l’effet global lié à la standardisation des pratiques réalisées par l’utilisation d’un algorithme transfusionnel. Bien qu’aucune comparaison directe n’ait été réalisée, les données disponibles ne suggèrent pas qu’il existe une différence quant à l’efficacité et à l’innocuité des appareils actuellement disponibles. Sur la base de ces résultats, le Comité ETMIS-IUCPQ-UL recommande de développer et d’implanter un algorithme transfusionnel pour la surveillance de l’hémostase en chirurgie cardiaque et de poursuivre l’utilisation du thromboélastogramme pour guider le recours aux transfusions sanguines.

Le thromboélastogramme et le thromboélastomètre rotatoire pour la surveillance de l’hémostase en chirurgie cardiaque, juillet 2016

Évaluation des technologies permettant l’induction d’une hypothermie thérapeutique chez les patients ayant subi un arrêt cardiaque (2016)

Les données probantes disponibles suggèrent que l’hypothermie thérapeutique est associée à une amélioration possible de la survie et du pronostic neurologique lorsqu’utilisée dans la prise en charge des patients inconscients après un arrêt cardiaque. De plus, le recours à l’hypothermie thérapeutique dans un environnement de soins contrôlé est associé à un faible niveau de risque d’évènements indésirables dans cette population. Au total, on dénombre huit méthodes de refroidissement ayant été évaluées dans les essais cliniques randomisés. Cependant, les données probantes actuellement disponibles ne permettent pas de déterminer la méthode de refroidissement optimale.

En appréciant l’ensemble des données probantes, il est recommandé de maintenir la pratique médicale d’avoir recours à l’hypothermie thérapeutique chez les adultes demeurés dans un état comateux à la suite d’une réanimation pour un arrêt cardiaque, sans qu’il soit toutefois possible de préciser la méthode optimale de refroidissement à privilégier. Le Comité ETMIS-IUCPQ-UL suggère également de prendre en considération d’autres éléments dans la prise de décision au regard de la méthode de refroidissement à privilégier, notamment en lien avec la performance technique du dispositif, de même que les aspects budgétaires et organisationnels.

Évaluation des technologies permettant l’induction d’une hypothermie thérapeutique chez les patients ayant subi un arrêt cardiaque, juin 2016 

Utilisation à domicile d’un dispositif d’insufflation-exsufflation mécanique d’assistance à la toux pour les adultes atteints de maladies neuromusculaires qui ne requièrent pas d’assistance ventilatoire (2017)

La présente démarche d’évaluation visait à évaluer l’efficacité et les effets indésirables liés à l’utilisation d’un appareil d’insufflation-exsufflation mécanique (I-EM) à domicile pour les adultes atteints d’une maladies neuromusculaire (MNM) afin d’aider à la prise de décision concernant l’accessibilité à ce type de technologie pour ceux qui ne requièrent pas d’assistance ventilatoire. La présente recherche documentaire a mis en évidence que la quantité et la qualité des données probantes étaient très limitées pour évaluer l’effet des appareils d’I-EM sur les complications respiratoires et la qualité de vie des patients atteints de MNM, et ce, que les patients aient recours ou non à une assistance ventilatoire. Toutefois, la revue des données probantes suggère que l’utilisation des appareils d’I-EM pourrait augmenter le débit de pointe à la toux (DPT) et représenter un mode de traitement alternatif ou complémentaire sécuritaire pour le désencombrement bronchique chez les adultes atteints de MNM, notamment lorsque les techniques manuelles d’assistance à la toux sont inefficaces. Bien que l’utilisation des appareils d’I-EM pourrait être bénéfique pour la gestion des sécrétions chez certains patients qui ne requièrent pas d’assistance ventilatoire à domicile, les données probantes actuellement disponibles sont insuffisantes pour statuer sur leur efficacité clinique auprès de cette clientèle. Ainsi, le Comité directeur scientifique ETMIS recommande à l’IUCPQ-UL de développer et d’évaluer, dans le cadre d’un projet pilote, un protocole de soins visant à rendre accessible l’utilisation d’appareils d’I-EM à domicile aux patients atteints de MNM non admissibles au PNAVD.

Utilisation à domicile d’un dispositif d’insufflation-exsufflation mécanique d’assistance à la toux pour les adultes atteints de maladies neuromusculaires qui ne requièrent pas d’assistance ventilatoire

Évaluation des technologies d’électrocardiographie ambulatoire pour le diagnostic d’arythmies cardiaques (2018)

L’électrocardiographie ambulatoire fait partie des options à considérer pour l’évaluation d’un patient lorsqu’une arythmie est suspectée. L’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec - Université Laval (IUCPQ-UL) a formulé une demande à l’Unité d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (UETMIS) afin d’évaluer la pertinence d’améliorer l’accès aux moniteurs d’enregistrement en continu de longue durée pour la prise en charge des patients chez qui l’on suspecte une arythmie cardiaque. Les indications, l’efficacité et les impacts budgétaires de l’utilisation de moniteurs d’électrocardiographie ambulatoire de longue durée ont été évalués.

Les données probantes suggèrent que le monitorage cardiaque ambulatoire de longue durée est indiqué pour l’évaluation des syncopes, des palpitations récurrentes avec suspicion de cause cardiaque ne survenant pas tous les jours, des patients à haut risque de développer une fibrillation auriculaire (FA) et ceux ayant subi un accident vasculaire cérébral (AVC) ou un accident ischémique transitoire (AIT). Les indications pour les dispositifs à privilégier sont basées principalement sur la nature et la fréquence des symptômes. Cependant, l’analyse des données probantes n’a pas permis de statuer quant à l’efficacité spécifique des dispositifs à l’étude ou de la durée optimale du monitorage.

La présente analyse conduit à recommander à l’IUCPQ-UL d’avoir recours à l’électrocardiographie ambulatoire de longue durée pour les patients souffrant de syncope ou de palpitations ne survenant pas tous les jours, pour ceux à haut risque de développer une FA et ceux ayant subi un AVC ou un AIT. Il est également suggéré à l’IUCPQ-UL, pour la prise de décision concernant le choix de la technologie d’électrocardiographie, de considérer d’autres paramètres incluant les impacts liés au choix du dispositif sur l’organisation et le volume de travail requis pour le personnel, les facteurs reliés à l’expérience‑patient et les impacts budgétaires.

Évaluation des technologies d’électrocardiographie ambulatoire pour le diagnostic d’arythmies cardiaques

Évaluation du débitmètre ultrasonique pour la vérification de la perméabilité des greffons lors des pontages aortocoronariens​ (2018)

Au cours des 50 dernières années, les avancées technologiques et l’amélioration des soins peropératoires ont permis une réduction de la mortalité et des autres complications à la suite des pontages aortocoronariens. L’échec de ce traitement à l’intérieur d’un an post-chirurgie peut être attribuable à une erreur technique qui pourrait être corrigée durant l’opération. En 2017 et 2018, le service de chirurgie cardiaque de l’IUCPQ-UL a fait l’acquisition de deux appareils de débitmètre ultrasonique afin de vérifier la perméabilité des greffons lors des chirurgies de revascularisation coronarienne. Cependant, les deux appareils en place ne sont pas suffisants pour permettre l’évaluation de l’ensemble des pontages aortocoronariens. La direction des services professionnels de l’IUCPQ-UL a déposé une demande d’évaluation à l’Unité d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (UETMIS) pour évaluer la pertinence d’améliorer l’accès au débitmètre ultrasonique pour l’évaluation de la perméabilité des greffons lors des chirurgies de revascularisation coronarienne.

L’analyse de l’ensemble des données probantes suggère que le débitmètre est efficace et sécuritaire pour identifier les greffons nécessitant une révision afin de réduire le risque d’échec des pontages aortocoronarien. L’efficacité du débitmètre ultrasonique pour prévenir les événements cardiaques postopératoires demeure cependant à démontrer. Les données issues de la littérature n’ont pas non plus permis d’identifier d’indications spécifiques pour l’utilisation de cette technologie. Néanmoins, selon la majorité des chirurgiens ayant répondu à l’enquête, il est pertinent de procéder à l’évaluation de la perméabilité des greffons de façon systématique.

Selon l’état actuel des connaissances, l’UETMIS recommande aux chirurgiens cardiaques de l’IUCPQ-UL de procéder à l’évaluation de la perméabilité des pontages aortocoronariens à l’aide du débitmètre ultrasonique. Cependant, avant d’effectuer l’achat d’appareils supplémentaires, il sera nécessaire de procéder à une évaluation terrain à partir de données cliniques de la base de données de chirurgie cardiaque afin de déterminer les impacts cliniques et budgétaires réels de cette technologie sur la clientèle de l’institut. Des critères cliniques pour l’évaluation de la perméabilité des pontages aortocoronariens devraient également être établis par un consensus d’experts formés de chirurgiens cardiaques du département multidisciplinaire de cardiologie.

Évaluation du débitmètre ultrasonique pour la vérification de la perméabilité des greffons lors des pontages aortocoronariens (2018)

Utilisation de la spirométrie incitative pour la prévention des complications pulmonaires à la suite d’une chirurgie (2019)

En période post-opératoire les complications pulmonaires sont fréquentes et sont une cause importante de mortalité et de morbidité. Les stratégies de prévention des complications pulmonaires post-opératoire (CPPO) reposent essentiellement sur des exercices respiratoires actifs basés sur l’inspiration maximale et soutenue visant une expansion pulmonaire. La spirométrie incitative est une des stratégies qui à l’aide d’un dispositif vise à faciliter la réalisation des exercices respiratoires. Bien que la SI est une pratique répendue dans les hôpitaux, son utilisation de routine en post-opératoire soulève de la controverse quant à son efficacité. La Direction des soins infirmiers (DSI) du CHU de Québec-Université Laval (ci-après CHU de Québec) et de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (ci-après IUCPQ) ont sollicité leurs équipes en évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé afin d’évaluer l’efficacité et l’innocuité de la spirométrie incitative pour la prévention des CPPO.

Il se dégage des guides de pratique clinique les éléments suivants : 1) la spirométrie incitative et les autres techniques de dégagement des voies respiratoires pourraient avoir des bénéfices cliniques similaires pour la prévention des CPPO, et ce, quel que soit le type de chirurgie; 2) l’utilisation de routine de la spirométrie incitative ne serait pas recommandée pour la prévention des CPPO; 3) la spirométrie incitative devrait être utilisée en combinaison avec d’autres techniques de prévention des CPPO, telles que la mobilisation précoce et les exercices de respiration profonde. Les données probantes disponibles ne permettent pas d’établir la supériorité ou l’infériorité de la spirométrie incitative par rapport aux autres méthodes évaluées pour prévenir les complications pulmonaires à la suite d’une chirurgie abdominale haute, cardiaque ou thoracique. Bien qu’un nombre important d’études (n=20) soient disponibles sur le sujet, les nombreuses lacunes méthodologiques des études limitent la possibilité de porter un jugement éclairé sur la valeur ajoutée de la spirométrie incitative. Au CHU de Québec, la SI est utilisée majoritairement pour les patients présentant des facteurs de risque ou avec des complications pulmonaires. À L’IUCPQ, la SI est utilisée en prévention des CPPO pour l’ensemble des patients hospitalisés.

En considérant les données issues des guides de pratique clinique ainsi que les données expérientielles de l’enquête de pratique, il apparait que l’utilisation de la spirométrie incitative en période post-opératoire doit être considérée plus largement dans le cadre d’une stratégie de soins visant la prévention des risques de complications pulmonaires impliquant plusieurs co-interventions, et ce, dans une perspective de pertinence clinique et de meilleure utilisation des ressources. L’UETMIS  recommande à la Direction des soins infirmiers (DSI) du CHU de Québec et à celle de l’IUCPQ de réviser l’utilisation de la SI pour la prévention des CPPO afin de cibler davantage les patients qui pourraient en bénéficier et de mieux définir la place des autres stratégies disponibles. Il est également suggéré de mettre en place des mécanismes veillant à l’applicabilité et au respect de la méthode de soins incluant l’enseignement et la supervision de la spirométrie incitative.

Utilisation de la spirométrie incitative pour la prévention des complications pulmonaires à la suite d’une chirurgie (en collaboration avec l'UETMIS du CHU de Québec) (2019)

Mesure des résidus gastriques lors de l’alimentation entérale chez les patients hospitalisés à l’unité des soins intensifs (2019)

Les patients admis dans une unité de soins intensifs (USI) doivent être alimentés par voie entérale en raison de leur incapacité à consommer des aliments par voie orale. Il est fréquent chez ces patients d’observer des événements d’intolérance gastrointestinale incluant la douleur, la distension abdominale, des vomissements ou des diarrhées. Un volume résiduel élevé dans l’estomac est généralement considéré comme un indicateur d’une vidange gastrique anormale et peut être associé à des risques de pneumonies par aspiration lors d’épisodes de régurgitations ou de vomissements. Ainsi, afin de réduire les risques de vomissement et d’aspiration, les résidus gastriques (RG) sont mesurés de façon régulière pendant la durée de la nutrition entérale (NE). Il persiste actuellement de l’incertitude dans la communauté scientifique en ce qui a trait à la meilleure méthode à utiliser, et à la pertinence de la mesure des RG. Le département de soins intensifs a déposé une demande d’évaluation à l’Unité d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (UETMIS) pour évaluer la pertinence de réviser le protocole de mesure des RG.

L’analyse des données probantes disponibles suggère que l’utilisation de seuils de RG allant jusqu’à 500 ml avant d’arrêter la NE, ou l’absence de mesure des RG, est associée à un risque légèrement plus élevé de vomissement. Parmi les études ayant rapporté les épisodes d’intolérance gastrointestinale, les résultats des études sont contrastés. L’utilisation de seuils de RG allant jusqu’à 500 ml, ou l’absence de mesure des RG, n’est pas associée à un risque plus élevé de pneumonie, de diarrhée, d’augmentation de la durée de séjour à l’USI, du nombre de jours sous ventilation mécanique et de mortalité. Les données recensées dans le présent rapport suggèrent que l’arrêt de la NE à l’atteinte d’un seuil de 250 ml de RG par rapport à l’absence de mesure du volume des RG pourrait engendrer un risque plus élevé de déficit calorique. Selon l’enquête de pratique effectuée auprès des centres affiliés au Réseau universitaire intégré de l’Université Laval, les protocoles de mesure des RG sont hétérogènes. Un peu plus de la moitié des répondants sont d’avis que cette pratique pourrait être abandonnée, ou qu’elle ne devrait pas être utilisée de façon systématique.

Selon l’état actuel des connaissances, l’UETMIS recommande à l’IUCPQ-UL de réviser la méthode de soins concernant la mesure des RG lors de la NE chez les patients hospitalisés aux soins intensifs afin de cibler davantage les patients qui pourraient en bénéficier. Il est également suggéré de mettre en place un groupe de travail dont le mandat serait d’identifier les facteurs de risque d’intolérance gastrointestinale justifiant la mesure des RG chez les patients hospitalisés à l’USI dans le but de réviser la méthode de soins.

Mesure des résidus gastriques lors de l’alimentation entérale chez les patients hospitalisés à l’unité des soins intensifs (2019)

Induction de l’immunosuppression chez les patients qui subissent une transplantation cardiaque (2019)

La transplantation cardiaque est une intervention chirurgicale qui est utilisée lorsqu’il est impossible de traiter l’insuffisance cardiaque ou d'autres cardiomyopathies terminales au moyen de médicaments ou d’autres interventions chirurgicales. Plusieurs complications sont possibles à la suite d’une transplantation cardiaque, dont le rejet du greffon. Afin de prévenir le risque de rejet du nouvel organe, un traitement d’immunosuppression est administré, lequel comprend deux phases, soit l’induction et la maintenance. À l’heure actuelle, la pertinence du traitement d’induction et l’efficacité des différents agents disponibles font l’objet d’une controverse dans la littérature scientifique. À la suite d’une demande du Département de pharmacie de l’IUCPQ-UL, l’Unité d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (UETMIS) de l’IUCPQ a été mandatée afin d’évaluer les meilleures pratiques pour l’induction de l’immunosuppression chez les patients qui subissent une transplantation cardiaque.

L’analyse de l’ensemble des données probantes disponibles n’a pas permis de déterminer si l’utilisation de l’induction de l’immunosuppression permettait de réduire le risque de mortalité et de rejet du greffon par rapport à l’absence d’induction. L'incidence de rejet aigu pourrait toutefois être réduite chez les patients traités avec un IL-2 RA par rapport à l'absence d'induction, et chez les patients traités avec un anticorps polyclonal (ATG) par rapport à un IL-2 RA. Dans une perspective de pertinence clinique et de meilleure utilisation des ressources, l’induction de l’immunosuppression à l’ensemble des patients subissant une transplantation cardiaque est une pratique qui pourrait être reconsidérée. Selon les organismes professionnels qui se sont prononcés à propos de l’induction de l’immunosuppression, l’ATG pourrait être administré à une population jugée à haut risque de rejet aigu. L’induction de l’immunosuppression en transplantation cardiaque peut également s’avérer une stratégie afin de retarder l’introduction des inhibiteurs de la calcineurine chez les patients avec fonction rénale altérée. À la lumière de la révision des données issues de la littérature, le protocole d’induction de l’immunosuppression pourrait être révisé afin d’évaluer et de considérer l’ATG en cas de haut risque de rejet.

Induction de l’immunosuppression chez les patients qui subissent une transplantation cardiaque (2019)

Évaluation de l’efficacité et du rapport coût-efficacité des programmes de réadaptation cardiaque​ (2019)

Les progrès des traitements des maladies cardiovasculaires ont permis une amélioration du taux de survie à la suite d'un événement cardiovasculaire au fil des années. La prévalence des maladies cardiovasculaires demeure élevée dans les régions développées, et engendrent des coûts élevés pour le système de santé. La réadaptation cardiaque est une stratégie de prévention secondaire et tertiaire dont l’objectif est la réduction des récidives d’événements cardiovasculaires. À l’IUCPQ-UL, le Pavillon de prévention des maladies cardiaques (PPMC) offre un programme de réadaptation cardiaque grâce à une équipe spécialisée d’infirmières cliniciennes, de cardiologues, de kinésiologues et de nutritionnistes. Cependant, les ressources humaines, matérielles et financières du PPMC limitent la capacité d’accueil de nouveaux usagers. La Direction des services multidisciplinaires de l’IUCPQ-UL a sollicité l’Unité d’évaluation des technologies et des modes d’intervention en santé (UETMIS) de l’IUCPQ-UL afin d’évaluer l’efficacité et le rapport coût-efficacité des programmes de réadaptation cardiaque, dans un contexte de demande de soutien financier au MSSS pour le maintien d’un tel programme au PPMC.

L’analyse des données probantes disponibles suggère que la réadaptation cardiaque est associée à une réduction du risque d’hospitalisations, d’infarctus du myocarde, et possiblement du risque de mortalité cardiovasculaire. Les données probantes suggèrent également que les programmes de réadaptation cardiaque sont associés à une amélioration de la qualité de vie par rapport aux soins usuels. D’autres composantes jouent également un rôle important dans la prise en charge du patient, comme l’adhésion au programme et la prise en charge psychosociale. Selon les analyses économiques, la réadaptation cardiaque serait coût-efficace lorsque comparée aux soins usuels.

Selon l’état actuel des connaissances, il est recommandé à l’IUCPQ-UL de poursuivre les activités de réadaptation cardiaque du PPMC, de mettre en place des mesures permettant d’améliorer l’accessibilité et de faciliter l’inscription des patients admissibles au programme. Dans le cadre d’une démarche d’amélioration continue de la qualité des soins et services, il est également suggéré à l’IUCPQ-UL de mettre en place une procédure favorisant la référence systématique de la clientèle admissible, et d’améliorer le suivi d’indicateurs de performance et de qualité des activités de réadaptation cardiaque.

Évaluation de l’efficacité et du rapport coût-efficacité des programmes de réadaptation cardiaque (2019)